Fêtes et manifestations à l'ile Maurice

Même si elle prend parfois des teintes plus folkloriques qu'orthodoxes, la spiritualité rythme au quotidien le calendrier mauricien. Avec env. 52 % d'hindous, 32 % de chrétiens et 16 % de musulmans, les trois grandes religions sont activement représentées sur l'île.
La cohabitation se fait sans heurt ni extrémisme, des passerelles pouvant exister entre les croyances : ainsi de nombreux Mauriciens d'origine tamoule ou chinoise vont à l'église tout en continuant de respecter certains rites traditionnels ; en marge des religions officielles , les pratiques populaires liées à la superstition ou au culte des ancêtres restent vivaces.

Fêtes chrétiennes.

La grande majorité des chrétiens sont catholiques ; issus de la classe dominante ou descendants d'anciens esclaves, ils pratiquent avec autant de ferveur que d'ostentation. Les sectes d'influence protestante (adventistes, etc.) connaissent aussi un grand succès. Les 8 et 9 sept., le pèlerinage du père Laval rassemble toute la communauté chrétienne (et au-delà) autour du tombeau de l' apôtre des Noirs , à Sainte-Croix. Le 2 nov., la fête des Morts est célébrée avec faste et les cimetières se couvrent d'éclatantes fleurs tropicales pour l'occasion.

Fêtes chinoises.

Si la communauté chinoise pratique assez discrètement dans les quelques temples privés de Port-Louis, le Nouvel an chinois (plus connu comme fête du Printemps, entre le 21 janv. et le 21 fév. selon le calendrier lunaire) est unanimement célébré ; exceptionnellement, les Chinois ferment boutique la seule fois dans l'année et la société mauricienne tout entière ne travaille pas ce jour-là. Au programme : gigantesques dîners en famille, parties de mah-jong et soirées dansantes dans les associations, dragons de papier et salves de pétards pour écarter les mauvais esprits...

Fêtes musulmanes.

La majorité des musulmans mauriciens sont des sunnites modérés, actifs sur le plan politico-religieux et très soudés entre eux. L'Eid-ul-Fitr, la fin du Ramadan, est l'une des fêtes les plus importantes du calendrier islamique : les mosquées (env. 100) sont très fréquentées ; on se rend visite pour déguster en famille ou entre amis le briani.

Fêtes hindoues.

Principale religion de l'île, l'hindouisme est pratiqué avec beaucoup d'assiduité, malgré une certaine créolisation des pratiques originelles. Parmi les fêtes les plus impressionnantes, Cavadee en janvier ou février est une cérémonie de purification du mal, qui peut remplir d'effroi les profanes. Thimiti, la marche sur le feu au milieu des incantations, a lieu à la même période. En février ou mars, Maha Shivaratree jette sur les routes des dizaines de milliers de fidèles, qui traversent l'île en procession pour venir se recueillir au lac sacré de Grand Bassin. En fév. ou mars, Holi est la fête des couleurs et de la joie ; on s'asperge d'eau et de poudre colorées. Le 4e jour du mois lunaire bhadroupada (août-sept.), la fête de Ganesh Chaturthi célèbre la naissance de la divinité à tête d'éléphant, le dieu des voyageurs, des gens de lettres et des voleurs ! En oct.-nov., on décore rues et maisons de mille lumières à l'occasion de Divali, la plus animée des festivités hindoues, marquant la victoire du dieu Rama sur le roi démon Ravana, de la lumière sur les ténèbres, de la vérité sur le mensonge.